473 views 0 comments

La bonne pioche de bouquins d’El Liberator

by on 12 janvier 2016
 

J’aurai pu vous parler de David Bowie, forcément. mais non, j’ai pris ma panoplie de jackass accompli, lunettes de soleil en pleine nuit, tu m’étonnes que tu ne vois plus personne… et je me suis dis qu’il était temps bande de palanquée d’illettrés de vous faire profiter de mes trouvailles littéraires pour bronzer au coin du feu ou flemmarder à l’ombre d’un cerisier (bon, vu la saison, c’est mal barré mais l’intention y était).

Tu veux du chef d’oeuvre ?

Si il y a bien un mec que j’adore, c’est Murakami Haruki. Sa syntaxe légère, abrupte et pourtant tellement musicale, son univers oscillant vers un fantastique urbain, banal, cette petite touche d’onirisme poétique, ce je m’en foutisme de ces personnages, je suis un gros fan. Alors forcément, quand Belfond t’annonces que après des millénaires, sortent enfin les deux premiers volumes de la tétralogie (quatre tomes pour se la péter) du Rat, je suis comme un dingue.

9782714460691

Ecoute le chant du vent, puis Flipper, 1973, précédent La course au Mouton Sauvage et Dans, danse, danse, une oeuvre majeure dans le travail d’Haruki Murakami, sont ici réunis en un seul bouquin. On retrouve « Boku » le narrateur (boku signifie « je » en japonais) et son ami le Rat. Une narration basée sur une complète onomastie, un procédé remarquablement utilisé, une ambiance à la cool, entre pelouse et binouze, un paysage culturel avec du jazz, de la bonne vieille littérature américaine, un humour décontracté, une sorte de flegme nippon ; ça se mange et se lit sans faim, c’est relativement court, moins fantastique et ubuesque que la Course au Mouton Sauvage. Au PMU, tu as la psychologie de comptoir, avec ces deux bouquins, tu as la métaphysique de comptoir : à déguster avec une bière bien fraîche !

Tu rêves de Jack Bauer et de Jason Bourne ?

Tu te réveilles et tu ne sais plus où tu es ? Cherche pas, vas y mollo sur le benzène la prochaine et enfile-toi un paquet d’ibuprofène. Ensuite, tu te reposes et si tu veux toujours des sueurs froides, que t’as envie de t’enfiler 800 pages en une journée, raccrocher à la face de ton boss, te cacher de ta femme et de tes gosses, pour défiler la trame passionnante de ce thriller d’espionnage qui tue sa mère, ouvre donc ce bouquin, Je suis Pilgrim.

9782253001676-T

Ça débute l’air de rien avec un meurtre gentillet façon expert, et ça fini en conflit géopolitique à éviter l’holocauste biochimique. Pilgrim ne fait pas dans la demi-mesure, il envoie de la roquette narrative, t’arrache de tes derniers dixièmes oculaires, te fredonne une paranoïa sans limite et te balance dans la gueule une maîtrise des arcanes de l’intrigue pas piqués des hannetons. C’est efficace, très efficace, l’auteur Terry Hayes est scénariste, ça se sent, il te file les mots à grands renforts de travelling et de figures de styles panoramiques . A éviter au soleil, ça flinguera tes vacances, ruinera ton couple, videra ton compte épargne et te fera porter une malédiction sur dix générations. Mais sinon, c’est vachement bien.

Tu veux du sanglant, de l’historique, de l’exotique ?

On quitte le registre énervaillette et on se dirige vers du gore, du scientifique, du polissé, certes mais du gore quand même. Antonio Garrido nous régale d’un policier pur jus aux accents historiques et nous raconte les débuts de la médecine légiste. En Chine. Sachant que le confucianisme interdisait sous peine de gros coups de serpettes au niveau de la jugulaire de dépecer du cadavre pour soit lire l’avenir dans les entrailles soit choper le criminel, fallait avoir des corones à l’époque pour endosser le rôle de Magistrat et taquiner du scalpel à la recherche d’indices microscopiques.

51NANybjsOL._SL160_

En gros, Ci Song, le futur big boss de l’histoire, est grave dans les emmerdes au début du bouquin. Au milieu, il est grave dans les emmerdes. Et à la fin, purée…. Donc Ci Song entre deux grosses poissardes, initie ce qui constituera les débuts de la médecine légiste ; sommé par l’Empereur de Chine (l’équivalent du Maire du Barbu’s Show) de découvrir qui mutile ses sujets à la sauce Hannibal Lecter sous acides sous peine de finir  avec un gros bout de métal dans le bide, Ci Song jonglera entre la culture de l’époque, puritaine quant au désossage alambiqué de ces concitoyens et sa curiosité scientifique qui le mèneront à devenir un Lecteur de Cadavres.

Tu veux du con, du grandiose, du fendage de poil même hirsute ?

Celui-ci est une spéciale dédicace à Baba Monk et Beer Carson. Saul Karoo, scriptdoctor (le mec qui d’un scénario merdique fait un scénario merdique qui rapporte de la thune), est atteint d’un mal incurable : il est incapable de ressentir l’ivresse quelque soit la quantité de boisson qu’il ingurgite. C’est con pour un alcoolique.

9782757833056-Steve-Tesich-Karoo-poche

 

Ce bouquin m’a fait mourir de rire. Le style littéraire est bon, la narration aussi, mais la caractérisation des personnages est formidable, incroyablement désopilante. Après ce bouquin, vous ne changerez plus de mutuelle de la même façon. Saul représente la quintessence de la mesquinerie, du cynisme, du bof bof. Son personnage, ses répliques, ses pensées sont corrosifs à souhait. Menteur éhonté, intimiste uniquement publique, lâche à crever, égocentrique gratuitement, mon dieu, que c’est bon. Alors évidemment, c’est une critique au vitriol du milieu du spectacle et plus particulièrement du début de l’entertainment, une salve à boulet rouge sur la société américaine et son modèle consumériste. Mais c’est fait avec tellement de sarcasmes, tellement d’humour noir bien grinçant, qu’on en redemande. Karoo, c’est  une histoire triste qui nous fait marrer comme des baleines.

T’es un peu morose en ce moment ? Lis Karoo, ça te déridera pour une paire de jours !

Opt In Image
Tu veux devenir le King de la playlist ?

Une seule solution : inscris-toi à la newsletter du Barbu’s Show !



  • T’en reçois qu’une par semaine donc ça encombre pas des masses ta boîtes aux lettres !
  • C’est gratuit évidemment !
  • Tu te désinscris quand tu veux (mais on versera une larme quand même)

Be the first to comment!
 
Leave a reply »

 

Leave a Response